Un chiffre brut : 100 % des motards ont déjà cherché ce fameux “N” vert, parfois dans l’urgence, parfois avec la patience d’un horloger. Pas de détour, pas de poésie superflue : le point mort s’impose en silence, à la croisée d’une habitude et d’une vigilance mécanique.
Le point mort sur une moto : définition et rôle essentiel
La première rencontre avec le point mort laisse rarement indifférent. Ce n’est ni une vitesse à part entière, ni un vide complet, mais une parenthèse technique nichée entre le premier et le deuxième rapport. Sur la majorité des motos, il se localise là, juste à mi-chemin, identifiable en un clin d’œil grâce à l’icône “N” qui s’invite sur le tableau de bord, témoin fidèle, même sous une pluie battante ou après une balade poussiéreuse.
Pour y accéder, tout se joue au pied gauche : il suffit d’un mouvement mesuré du sélecteur de vitesses, à peine relevé entre la première et la seconde. À cet instant, la transmission se désolidarise : la roue arrière tourne librement, sans être entraînée par le moteur. Le levier d’embrayage peut alors être relâché sans craindre le moindre hoquet mécanique.
Ce rapport neutre n’est pas là pour faire joli. Il s’avère précieux dans de nombreuses situations du quotidien : à l’arrêt à un feu, lors d’un démarrage à froid ou pour manipuler la moto à la main. Utiliser le point mort, c’est ménager les disques d’embrayage, préserver la boîte de vitesses, et faciliter chaque manœuvre, du parking sous la pluie à la vérification du contacteur.
Certains modèles réclament une précision presque chirurgicale, d’autres pardonnent une impulsion plus franche. Mais au final, seul le tableau de bord tranche : le point mort est enclenché, ou ne l’est pas. Cet intervalle, trop souvent sous-estimé, se révèle être un allié précieux, autant pour la mécanique que pour le confort du pilote.
Pourquoi le point mort reste une étape clé pour la sécurité et la mécanique
Sur route, le point mort ne se contente pas de simplifier la vie : il veille aussi à la sécurité. À l’arrêt prolongé, comme lors d’un feu rouge ou d’une immobilisation imprévue, relâcher le levier d’embrayage devient possible sans risque de calage. La main gauche retrouve sa liberté, la machine reste stable.
Ce relâchement a d’autres vertus : la boîte de vitesses cesse de subir la pression de l’embrayage, les disques économisent leur durée de vie. À ce moment, la sécurité s’invite dans la routine. En position neutre, la moto ne partira pas sans prévenir, même sur un sol piégeux ou une pente traîtresse.
Le moteur continue de lubrifier ses entrailles sans forcer. Le frein moteur disparaît, préservant plaquettes et garnitures. L’ABS reste prêt, mais le freinage devient plus doux, exempt d’à-coups désagréables.
Voici quelques situations concrètes où le point mort se montre décisif :
- Arrêt au feu rouge : la température du moteur reste contenue, et le poignet se détend.
- Stationnement : la moto se stabilise lors de la mise sur béquille, évitant tout mouvement parasite.
- Gestion des arrêts imprévus : la machine se maîtrise plus facilement, même sur une chaussée humide.
Pratiquer régulièrement le passage au point mort affine le pilotage. L’habitude vient vite : les arrêts et redémarrages deviennent plus fluides, le rapport neutre s’intègre naturellement à chaque trajet.
Comment trouver le point mort facilement, même en cas de difficulté
Le point mort, ce rapport neutre entre la première et la seconde, ne se laisse pas toujours apprivoiser. Le sélecteur de vitesses exige un geste précis, surtout quand la moto est immobile. Le pied gauche bien calé, une pression légère suffit souvent à l’atteindre. Lorsque le voyant s’allume sur le tableau de bord, le signal ne trompe pas.
Les obstacles ne manquent pas. Une chaîne de transmission un peu molle, un sélecteur mal réglé, ou des chaussures inadaptées compliquent parfois la manœuvre. Certaines motos deviennent capricieuses moteur chaud, d’autres à l’arrêt complet.
Quelques astuces facilitent la sélection du point mort dans ces situations :
- Desserrez légèrement la pression sur le levier d’embrayage, puis tentez à nouveau le passage.
- Faites bouger doucement la moto d’avant en arrière ; ce léger mouvement peut débloquer le sélecteur.
- Sur une ancienne, si le témoin ne répond plus, vérifiez le contacteur de point mort à l’aide d’un ohmmètre.
Un coup d’œil au manuel technique permet d’identifier la spécificité du système de sélection de votre modèle. Une chaîne bien tendue, une tringlerie entretenue, et un sélecteur sans jeu : la recette pour retrouver la souplesse d’origine. Souvent, une simple pression ajustée du pied gauche permet de ressentir ce déclic mécanique discret, mais si satisfaisant.
Modèles de motos : astuces et erreurs à éviter selon votre machine
Les habitudes autour du point mort varient d’une marque à l’autre. Sur une BMW à cardan, la sélection réclame une action nette et précise. Les boîtes japonaises, plus souples, acceptent un geste léger, mais gare aux passages trop rapides qui sautent le rapport neutre.
Les élèves en moto-école connaissent bien ces hésitations : trop de force, le point mort disparaît ; pas assez, la première refuse de s’engager. Sur les modèles récents, le témoin de point mort rassure, mais il ne doit pas faire oublier l’écoute attentive de la mécanique. Les anciennes, elles, invitent à ressentir chaque vibration du sélecteur.
Pour éviter les écueils, quelques principes s’imposent :
- N’insistez pas sur un sélecteur récalcitrant : une tringlerie usée ou mal réglée confirme les passages ratés.
- Contrôlez la tension de la chaîne de transmission : un mauvais réglage complique la sélection, même sur les modèles réputés tolérants.
- Sur les gros twins, privilégiez le passage au point mort moteur encore en rotation, juste avant l’arrêt complet.
Le manuel technique de chaque moto offre toujours des précisions utiles. Les conseils des moniteurs expérimentés penchent pour une anticipation du point mort peu avant l’arrêt, plutôt qu’une recherche hasardeuse à l’immobilisation. Un sélecteur bien graissé, une tringlerie soignée : ces petits gestes font toute la différence, surtout après un hiver pluvieux ou un trajet intensif.
Maîtriser le point mort, c’est transformer chaque arrêt en instant de maîtrise, et chaque redémarrage en départ serein. Sur la route, ce “N” discret rappelle que le contrôle d’une moto passe aussi par le respect de ses subtilités.

